
Le paysage des assistants IA sur mobile vient de bouger. Le 16 juillet 2026, la Commission européenne a ordonné à Google d'ouvrir Android à ses concurrents et de partager une partie de ses données de recherche, au titre du règlement sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA). Concrètement, un salarié pourra bientôt déclencher un assistant IA rival de Gemini par la voix, comme aujourd'hui avec « Hey Google ». Voici ce que cette décision change pour une PME, et le calendrier à retenir.
En bref
- Le 16 juillet 2026, la Commission européenne a adopté deux décisions contraignantes imposant à Google d'ouvrir Android aux assistants IA concurrents et de partager ses données de recherche (source : Commission européenne, DMA).
- Google doit ouvrir 11 fonctions d'Android aujourd'hui réservées à Gemini : activation vocale, exécution de tâches entre applications, intégration au niveau système (source : Commission européenne).
- Le partage des données de recherche anonymisées (requêtes, clics, classement) démarre en 2026, avec une tarification finalisée d'ici janvier 2027 ; les concurrents comme OpenAI y auront accès.
- Les changements Android arriveront avec Android 18, prévu d'ici août 2027. C'est l'utilisateur, pas Google, qui choisira quel assistant reçoit ces accès.
- Pour une PME, l'effet est double : plus de choix d'assistants IA sur les téléphones professionnels, et une concurrence accrue sur la recherche en ligne, donc potentiellement des outils moins chers.
Ce que la Commission a décidé, en clair
Le Digital Markets Act est le règlement européen qui encadre les très grandes plateformes numériques, appelées « contrôleurs d'accès » (gatekeepers). Son but : éviter qu'un acteur dominant verrouille un marché au détriment des concurrents et des utilisateurs. Google fait partie de ces contrôleurs d'accès depuis 2023.
Le 16 juillet 2026, la Commission a adopté deux séries de mesures de spécification contraignantes. La première vise l'interopérabilité des assistants IA sur Android. La seconde porte sur le partage des données de recherche de Google Search. L'objectif affiché est de rééquilibrer un marché où Google Search détient plus de 90 % des recherches en Europe (source : Commission européenne).
Aujourd'hui
Après la décision
Les 11 fonctions Android qui s'ouvrent
La décision oblige Google à donner aux assistants concurrents l'accès à 11 fonctionnalités d'Android dont ces outils dépendent pour être vraiment utiles. Parmi elles : l'activation vocale (pour répondre à une commande vocale comme le fait Gemini), l'exécution de tâches entre applications, et une intégration au niveau du système jusqu'ici réservée à Gemini.
En pratique, un utilisateur pourra appeler un assistant tiers à la voix, puis lui demander de rédiger un e-mail, de commander un repas ou de retrouver un numéro de vol dans sa boîte de réception pendant un appel. C'est l'utilisateur qui garde le contrôle : il décide quels outils reçoivent ces accès, pas Google.
Le partage des données de recherche
Le second volet est sans doute le plus lourd de conséquences pour la concurrence. Google devra partager des signaux de recherche anonymisés : requêtes, clics, classement et affichage, ceux-là mêmes qui servent à affiner ses propres résultats. La Commission souligne que Google Search dispose d'un volume de données qu'aucun concurrent ne peut reconstituer seul.
Une restriction importante encadre ce partage : les bénéficiaires pourront améliorer leurs fonctions de recherche, mais pas s'en servir pour entraîner des modèles d'IA généralistes. L'anonymisation s'appuie sur une méthode multicouche développée avec des experts de la vie privée, alignée sur les orientations conjointes de la Commission et du Comité européen de la protection des données.
Calendrier : ce qui arrive, et quand
Rien ne change du jour au lendemain. Le déploiement est échelonné, ce qui laisse aux PME le temps de s'y préparer.
16 juillet 2026
Décisions adoptées
2026
Données de recherche
Janvier 2027
Tarification finalisée
Août 2027
Android 18
Ce que dit Google, et pourquoi c'est utile de le savoir
La décision n'a pas fait l'unanimité. Kent Walker, président des affaires internationales de Google, a réagi en estimant que ces décisions « risquent de fragiliser des garde-fous essentiels de confidentialité et de sécurité pour des millions d'Européens ». Son argument : ouvrir les permissions Android contournerait certaines protections de sécurité du téléphone.
Pour un dirigeant de PME, ce débat n'est pas anecdotique. Il rappelle une règle simple : plus un assistant IA a d'accès à votre téléphone et à vos applications, plus la question de la sécurité et de la confidentialité doit être posée en amont. Ouvrir le choix, oui, mais en gardant une vigilance sur les autorisations accordées.
Ce que cela change concrètement pour votre PME
Trois effets méritent votre attention.
1. Plus de choix sur les téléphones professionnels. Vos équipes pourront installer et activer à la voix un assistant IA autre que Gemini, avec les mêmes capacités d'action. Un assistant spécialisé métier (juridique, commercial, support) pourra devenir l'assistant par défaut d'un smartphone d'entreprise.
2. Une concurrence accrue sur la recherche. En donnant à des concurrents l'accès à des données que seul Google possédait, l'UE cherche à faire émerger des moteurs et des outils de recherche alternatifs. À terme, cela peut se traduire par des outils moins chers et plus variés pour les PME.
3. Une exigence de gouvernance. Multiplier les assistants avec accès système, c'est aussi multiplier les points d'entrée aux données de l'entreprise. Une petite politique interne d'usage (quels assistants autorisés, sur quels appareils, avec quelles permissions) devient un réflexe sain.
| Enjeu | Avant la décision | Après la décision |
|---|---|---|
| Assistant IA par défaut sur Android | Gemini favorisé | Choix ouvert à l'utilisateur |
| Activation vocale tierce | Limitée | Accessible aux assistants rivaux |
| Données de recherche | Exclusives à Google | Partagées (anonymisées) avec concurrents |
| Entrée en vigueur | - | Données dès 2026, Android d'ici août 2027 |
À retenir
La décision élargit le choix d'assistants IA sur mobile, mais l'ouverture s'accompagne d'un vrai sujet de sécurité. Profitez du choix, encadrez les permissions.
FAQ
Qu'est-ce que le Digital Markets Act (DMA) ?
Le Digital Markets Act est un règlement de l'Union européenne qui encadre les très grandes plateformes numériques, appelées contrôleurs d'accès. Il vise à garantir des marchés numériques ouverts et équitables en imposant des obligations à ces acteurs dominants, dont Google fait partie.
Quand pourrai-je utiliser un assistant IA autre que Gemini sur Android ?
Les 11 fonctions Android concernées s'ouvriront avec Android 18, dont la Commission attend la sortie d'ici août 2027. C'est à partir de cette version que vous pourrez déclencher un assistant rival par la voix, avec des capacités équivalentes à celles de Gemini.
Mes données professionnelles sont-elles exposées par ce partage ?
Le partage concerne des signaux de recherche anonymisés (requêtes, clics, classement), pas les données de votre entreprise. L'anonymisation repose sur une méthode multicouche validée avec des experts de la vie privée. En revanche, un assistant IA installé sur un téléphone professionnel peut, lui, accéder à vos applications : c'est là que votre vigilance compte.
Que doit faire une PME dès maintenant ?
Rien d'urgent sur le plan légal : la décision vise Google, pas les PME. Le bon réflexe est de préparer une courte politique interne sur l'usage des assistants IA (outils autorisés, appareils, permissions) pour être prêt quand le choix s'élargira en 2027.
Conclusion
La décision du 16 juillet 2026 marque une étape claire : l'Europe veut un marché des assistants IA plus ouvert et plus concurrentiel, sur mobile comme sur la recherche en ligne. Pour une PME, la bonne nouvelle est un choix élargi et, à terme, des outils potentiellement moins chers. La vigilance, elle, porte sur les permissions accordées à ces assistants. Pour approfondir la gouvernance de vos outils IA, explorez nos ressources dédiées ou découvrez des cas concrets d'entreprises.


